LE LAVAGE MORTUAIRE

Matériel pour lavage mortuaire Nur Al Janaza

Les Origines

D’après Oubay Ibn Ka’b, Le Prophète ﷺ a dit :

« Lorsque Adam est mort, les anges l’ont lavé en nombre impair avec de l’eau, ils ont creusé en largeur dans la tombe et ils ont dit : « Ceci est la sounna de Adam pour ses enfants ». » (Rapporté par Al-Hakim et authentifié par Cheikh Al-Abâni dans Sahih al-Jâmi’ 5207).

Chaykh Abdel Aziz Ach-Chaykh a dit :

« Le lavage mortuaire a été établi selon la Sunna orale explicite et selon la pratique du Prophète ﷺ et de ses compagnons. Certains savants disent que le fait que les gens lavent leurs morts est connu depuis l’époque d’Adam. Le consensus au sujet de l’obligation relative « Fardh Kifâya¹ » a été rapporté par les imams vérificateurs et cela tire sa légitimité de la Sunna apparente. Il n’y a pas lieu d’accorder une importance à ceux qui ont contredit cela. »

Cette pratique renferme de nombreuses morales, parmi lesquelles, le fait de rendre les honneurs au musulman qui décède en s’acquittant des droits que la religion lui a conférés, tels que le fait de le laver, le parfumer, l’embaumer, l’envelopper, prier pour lui et l’enterrer. Tout cela fait partie des honneurs qui lui sont rendus, car la dignité du musulman qui décède est la même que celle du vivant. En effet, Allah l’a honoré et anobli avec cette religion. Dès qu’une personne embrasse cette religion, elle mérite, aussitôt ces honneurs et tout le reste. Il est bien connu que de telles sagesses ne soient pas liées à une époque donnée ou à un endroit précis, mais ces dispositions s’appliquent à tous les musulmans, en tout temps et en tous lieux. »

« La toilette mortuaire fait partie des œuvres qu’Allah regarde et récompense, car il s’agit de mettre en exécution le droit d’un mort, celui de le laver, de l’envelopper, de prier pour lui et de l’enterrer. Ainsi, celui qui accomplit cette tâche pour prétendre à Sa récompense et pour se rapprocher de Lui, aura la récompense pour son acte.

Mais celui qui s’occupe de la toilette mortuaire sans cette intention, alors cette œuvre ne fait pas partie de celles qu’Allah regardera et récompensera. La rétribution se fait sur la base du travail apparent et de l’intention nouée en son for intérieur. »

(Extrait d’un écrit intitulé « Se soumettre au jugement d’Allah et de Son Envoyé  ﷺ  fait partie des attributs des croyants de Chayk Abdel Aziz Ach-Chaykh – Mufti général du Royaume d’Arabie Saoudite – Présidents du Comité des Grands Oulémas et de la Direction des Recherches scientifiques et de la Délivrance des Fatwas)

Le Jour J

La vieille des lavages mortuaires : lieu, horaire, etc…

Entre le décès et les obsèques, le corps du défunt peut-être conservé en différents lieux : au domicile, dans la chambre mortuaire d’un établissement de soin, dans un institut médico-légal en cas d’autopsie ou bien dans un funérarium. La toilette mortuaire se fera donc dans l’un de ces endroits. 

Dès que le décès est constaté, la famille fait rapidement appel à une société de pompes funèbres et éventuellement directement à un (e) laveur (se) afin de presser la toilette et ainsi respecter l’injonction prophétique qui consiste à enterrer le mort rapidement.

Selon Abu Hureyra, le Prophète ﷺ  a dit : « Précipitez-vous quant aux funérailles ; si le défunt était une personne vertueuse, c’est alors un bien que vous lui apporterez et que vous lui donnerez. Et si ce défunt n’était pas une personne vertueuse et pieuse, c’est alors un mal que vous enlevez de vos épaules. » – Sahih Muslim (944)

 عن أبي هريرة قال رسول الله صلى الله عليه وسلم : أسرعوا بالجنازة فإن كانت صالحة قربتموها الي الخير وإن كانت غير ذلك كان شرا تضعوه عن رقابكم 

« Le terme « Janâ’iz » est le pluriel de « Janâzah » / « Jinâzah ». 

Certains savants disent que les deux termes signifient la même chose à savoir : « le mort ». D’autres disent qu’il y a une différence de sens : Janâzah signifie « le défunt » et Jinâzah signifie « la civière mortuaire ».

Janâzah vient du terme « Janizah » qui signifie : recouvrir. »

(Explication de Youssef Abou Anas sur le chapitre des rites funéraires du livre El-Wajiz fi fiqhi de Chayk El-Badawi – chapitre 48)

Dès que l’on est appelé pour la toilette mortuaire, il faut être prêt à se rendre le lendemain sur le lieu du rendez-vous qui peut être très éloigné du domicile. Le rendez-vous est généralement fixé de très bonne heure le matin, et ce afin de permettre la mise en bière, la prière funéraire et le rapatriement ou enterrement dans la même journée.

La trousse de toilette mortuaire sera donc préparée la veille et les tissus peuvent être parfumés et prédécoupés à l’avance si on a pu obtenir des renseignements quant à la taille et la corpulence du défunt. (Il est conseillé de prévoir systématiquement un linceul de rechange au cas où celui fourni par la famille serait trop petit.)

La récompense

Chaykh al-Albânî dit dans le livre « les rites funéraires » :

« La récompense du lavage mortuaire est sujette à deux conditions :

 

  1. Que le laveur (la laveuse) reste discret (e) et ne parle pas de ce qu’il/elle aurait pu voir de détestable, conformément aux propos du Prophète ﷺ : 

من غسل مسلما فكتم عليمغفر له الله أربعين مرة

« Quiconque lave le corps d’un défunt musulman en ne divulguant rien de ce qu’il a vu, Allah lui pardonnera quarante fois… »

2. « Que le laveur (la laveuse) ne désire par ce geste que la Face d’Allah et ne recherche ni récompense ni reconnaissance, et ne convoite rien des affaires de ce monde, car la loi musulmane montre clairement qu’Allah n’accepte des actes de dévotion que ce qui est sincèrement voué à Sa noble Face. »